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13 août 2026 · 6 min

Nuisibles, les obligations du bailleur en 3 points
Punaises de lit, rats, cafards, … Quand un locataire signale une infestation, le propriétaire est tenu d’agir vite. Car tout bien mis en location doit aussi être exempt de nuisibles, à l’entrée comme pendant toute la durée du bail. Mais quid si l’infestation est due à une négligence du propriétaire ? Tous les frais sont-ils à la charge du bailleur ? Que risque-t-il en cas d’inaction ? Découvrez les obligations du bailleur face aux nuisibles.Â
L‘article 6 de la loi du 6 juillet 1989 impose au propriétaire-bailleur de remettre un logement décent, sans risque pour la santé du locataire. Mais qu’est-ce que ça veut dire concrètement ?Â
Il s’agit de respecter 5 critères :Â
C’est la loi Elan qui vient compléter les règles autour des nuisibles. Depuis 2018, le logement doit être exempt de toute infestation d’espèces nuisibles et parasites. La seule présence de punaises de lit, rats ou cafards suffit à remettre en cause la décence du bien, même si tous les équipements fonctionnent par ailleurs.
Pour le gestionnaire immobilier ou le bailleur, il ne s’agit pas d’une obligation de moyens, mais d’une obligation de résultat d’absence de nuisibles.  La Cour de cassation l’a confirmé en date du 29 janvier 2002. La présence de nuisibles rendant le logement impropre à l’habitation engage la responsabilité du bailleur, y compris lorsque les désordres apparaissent en cours de bail. Les frais de remise en état (dont la dératisation) sont à sa charge dès lors que l’infestation compromet la décence du logement.
Qui doit payer la désinsectisation ou la dératisation dans un appartement en location ? La réponse dépend avant tout du moment où les nuisibles apparaissent.
Si l’infestation existe déjà à l’entrée du locataire, le bailleur prend en charge la totalité du traitement, sans possibilité de le facturer. Le logement n’était tout simplement pas conforme à son obligation de décence.
Si le problème vient du bâti (humidité, réseaux défectueux, défaut d’étanchéité) ou des parties communes, la responsabilité reste au bailleur (éventuellement en lien avec le syndic de copropriété).Â
Le locataire n’est concerné que si l’infestation résulte d’une négligence avérée (accumulation de déchets, absence d’entretien). Et même dans ce cas, seul le coût des produits peut lui être imputé (décret n°87-713 du 26 août 1987). Les coûts de main-d’œuvre sont exclus des charges récupérables.
En cas de doute sur l’origine des nuisibles, la présomption joue en faveur du locataire. C’est donc au bailleur d’apporter la preuve d’une négligence (photos datées, constat d’huissier) s’il souhaite s’exonérer.
Aucun texte ne fixe un délai légal précis pour intervenir. Cela dit, la jurisprudence retient la notion de délai raisonnable, apprécié selon la gravité de l’infestation. Plus le risque sanitaire est élevé (punaises de lit, rongeurs), plus la réaction doit être rapide.
En pratique, cela implique d’accuser réception du signalement, d’organiser une inspection et de mandater une entreprise spécialisée sans tarder. Un retard injustifié peut être retenu comme un manquement à l’obligation de décence, et exposer le bailleur à une réduction de loyer ou à des dommages et intérêts.
Bon à savoir : L’obligation du bailleur face aux nuisibles ne s’arrête pas à la remise des clés. Le logement doit en rester exempt pendant toute la durée du bail. Un signalement en cours de location engage donc la même réactivité qu’un défaut constaté à l’entrée.
Le bailleur ne peut pas se contenter d’une solution artisanale ni demander au locataire de traiter lui-même le problème avec des produits grand public. La désinsectisation et la dératisation relèvent de biocides professionnels, dont l’usage est réservé aux techniciens titulaires du certificat Certibiocide.
Faire appel à une entreprise certifiée permet aussi de sécuriser la position du bailleur en cas de litige. Devis, certificat d’intervention et factures constituent des preuves solides de la bonne exécution de son obligation.
Une désinsectisation réalisée sans identifier la source du problème n’offre qu’un résultat temporaire. Si l’origine est structurelle (humidité, fissures, réseaux défectueux), le bailleur doit aussi corriger cette cause, sous peine de réinfestation rapide.
Chaque récidive relance l’obligation d’intervention et peut être interprétée comme un manque de diligence, même si le bailleur a réagi à chaque signalement. Le suivi post-traitement (passages de contrôle, vérification de l’éradication complète) fait donc partie intégrante de l’obligation légale, au même titre que le premier traitement.
Toutes les infestations ne se valent pas. Si l’obligation du bailleur face aux nuisibles reste la même dans son principe, son application varie selon l’espèce concernée, son mode de propagation et la facilité à prouver son origine :Â
Le non-respect de l’obligation de décence ouvre plusieurs voies de recours au locataire, avec des sanctions qui s’aggravent selon la durée et la gravité de la situation.
En cas de constat de nuisible, le locataire envoie une mise en demeure à son propriétaire bailleur. Si celui-ci reste inactif, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation, avant d’envisager, en dernier recours, le tribunal judiciaire.
Devant le juge, plusieurs sanctions peuvent être prononcées à l’encontre du bailleur :
Ce risque financier et juridique est directement proportionnel au temps de réaction. Plus l’intervention tarde, plus il devient difficile pour le bailleur de démontrer sa bonne foi devant un tribunal.Â
Au-delà de l’obligation légale, il existe des réflexes simples qui permettent d’anticiper les litiges et de limiter les frais. Voici les bonnes pratiques à mettre en place, que l’on gère un seul bien ou tout un portefeuille locatif :Â
Vous souhaitez optimiser la location de vos biens ?

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